Traduction certifiée, traduction assermentée ou traduction notariée : quelle est la différence ?

Traduction certifiée et assermentée

Traduction certifiée, traduction assermentée ou traduction notariée : quelle est la différence ?

Les traductions certifiées, assermentées et notariées sont souvent considérées comme interchangeables, mais elles ont des significations différentes et ne revêtent pas la même valeur juridique. Le type de traduction dont vous avez besoin dépend du pays concerné et de l’institution qui demande le document. Ce guide explique clairement chaque terme afin que vous puissiez demander le service approprié dès le départ.

Introduction

Lorsque vous remettez un document traduit à un tribunal, à une université, à un service de l’immigration ou à une administration, l’institution ne se contente pas d’exiger une traduction fidèle. Elle exige également une garantie spécifique attestant que la traduction est fiable à des fins officielles. Cette garantie prend différentes formes selon les systèmes juridiques, et les termes utilisés pour la décrire — « certifiée », « assermentée » et « notariée » — prêtent facilement à confusion.

Ces distinctions sont importantes, car le choix d’un type de traduction inadapté peut entraîner le rejet d’une demande, des retards ou des frais liés à la refonte du travail. Dans cet article, nous expliquons la signification de chaque terme, en quoi les exigences varient d’un pays à l’autre et comment vérifier précisément ce qu’attend l’institution destinataire avant de commander une traduction.

Que signifie réellement « traduction officielle » ?

Avant de comparer ces trois termes, il est utile de comprendre la question sous-jacente à laquelle ils tentent tous de répondre : comment une institution peut-elle savoir si une traduction est suffisamment fiable pour s’y fier ?

Une traduction destinée à une lecture personnelle doit simplement être exacte. Une traduction utilisée à des fins juridiques, universitaires ou administratives nécessite davantage : un lien documenté entre la traduction, la personne ou l’organisme qui en est responsable, et une forme de responsabilité. Les traductions certifiées, assermentées et notariées constituent trois mécanismes différents permettant d’établir ce lien. Elles ne sont pas classées de la « plus faible » à la « plus forte », et aucune n’est universellement meilleure qu’une autre. Chacune correspond plutôt à une tradition juridique particulière et à un type d’exigence spécifique.

Un point essentiel revient tout au long de ce qui suit : le type de traduction approprié est déterminé par le pays dans lequel le document sera utilisé et par l’institution spécifique qui en fait la demande. Il n’existe pas de norme mondiale unique.

Traduction certifiée

Une traduction certifiée est une traduction accompagnée d’une déclaration signée — souvent appelée « certificat d’exactitude » ou « attestation de véracité » — dans laquelle le traducteur ou l’agence de traduction confirme que la traduction est complète et exacte, au mieux de ses connaissances et de ses capacités.

Cette déclaration comprend généralement :

Les traductions certifiées constituent le modèle courant dans les pays qui ne disposent pas d’un système officiel de traducteurs assermentés désignés par l’État. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, par exemple, il n’existe généralement pas de registre public de « traducteurs assermentés ». Ce sont plutôt les traducteurs professionnels ou les agences qui garantissent l’exactitude de la traduction par le biais de l’attestation qu’ils joignent au document. Dans ces systèmes, la crédibilité de la traduction repose sur la réputation professionnelle et la responsabilité de la personne ou de l’entreprise qui la signe.

Il convient de noter que le terme « certifiée » désigne la déclaration qui accompagne la traduction, et non une licence spécifique délivrée par l’État. Les conditions requises pour certifier une traduction peuvent toutefois varier : certaines institutions acceptent une certification émanant de n’importe quel traducteur professionnel ou de n’importe quelle agence, tandis que d’autres exigent l’appartenance à un organisme professionnel reconnu. Vérifiez toujours la formulation utilisée par l’institution destinataire.

Traduction assermentée

Une traduction assermentée est réalisée par un traducteur qui a été officiellement autorisé ou désigné par un tribunal ou une autorité publique pour produire des traductions ayant une valeur juridique. Ce modèle est caractéristique de nombreux pays de droit civil, où l’État tient un registre des traducteurs ayant prêté serment ou ayant été formellement accrédités.

Dans une traduction assermentée, le traducteur appose un cachet officiel et sa signature. C’est ce cachet qui confère au document sa valeur juridique, car il lie la traduction à une personne officiellement reconnue par l’État. Le traducteur est personnellement et juridiquement responsable de l’exactitude de son travail.

Les systèmes de traduction assermentée existent sous différentes appellations en Europe et au-delà. Parmi les exemples couramment cités, on peut citer :

Le titre exact, l'autorité de nomination et le champ d'action d'un traducteur assermenté varient d'un pays à l'autre. Un traducteur assermenté dans une juridiction n’est pas automatiquement reconnu dans une autre ; ainsi, une traduction assermentée valable dans un pays peut nécessiter des démarches supplémentaires pour être acceptée ailleurs.

Le cachet du traducteur assermenté conférant à lui seul un caractère officiel, les traductions assermentées ne nécessitent souvent pas de certification notariale distincte. La nécessité d’une telle certification dépend du pays et de l’institution de destination.

Traduction certifiée par un notaire

Une traduction certifiée par un notaire implique l’intervention d’un notaire, mais le rôle de ce dernier est souvent mal compris. Dans la plupart des cas, le notaire ne vérifie pas l’exactitude ou la qualité de la traduction elle-même. Il atteste plutôt des éléments plus limités, tels que :

En d’autres termes, la certification notariale apporte généralement une vérification formelle concernant *qui* a signé le document, et non *si la traduction est correcte*. Un traducteur peut signer une attestation d’exactitude devant un notaire, et ce dernier confirme alors que la signature a bien eu lieu et que le signataire est bien la personne qu’il prétend être.

Les exigences en matière de certification notariale varient considérablement. Dans certains pays et à certaines fins, une institution exigera une traduction à la fois certifiée par un traducteur et certifiée par un notaire. Dans d’autres, la certification notariale n’est pas nécessaire, car le cachet d’un traducteur assermenté confère déjà un statut officiel. La fonction précise d’un notaire diffère également selon les systèmes juridiques, en particulier entre les traditions de common law et de droit civil.

Comparaison des trois concepts

Il peut être utile d’envisager ces trois concepts en termes de *ce qui* est certifié et *par qui* :

  1. Traduction certifiée – Le traducteur ou l’agence certifie l’exactitude de la traduction au moyen d’une déclaration signée. Courante lorsqu’il n’existe pas de système officiel de traducteurs assermentés.
  2. Traduction assermentée – Un traducteur officiellement désigné par un tribunal ou une autorité publique certifie l’exactitude de la traduction, et son cachet confère à celle-ci une validité juridique. Courante dans de nombreux pays de droit civil.
  3. Traduction notariée – Un notaire certifie l’identité et la signature de la personne ayant signé la traduction ou son certificat, et non l’exactitude de la traduction elle-même.

Ces catégories peuvent également se recouper. Un document peut, par exemple, être établi sous forme de traduction certifiée, puis notarié. Dans certains contextes internationaux, un document peut en outre nécessiter une apostille ou une légalisation pour être reconnu à l’étranger — une étape distincte qui authentifie l’origine d’un document public dans le cadre de la Convention de La Haye relative à l’apostille. La nécessité d’une apostille dépend des pays concernés et de la nature du document.

Dans quels cas chaque type est-il généralement utilisé ?

Bien que les exigences dépendent toujours de l’institution concernée, certaines tendances générales sont largement observées :

Considérez ces informations comme des tendances générales plutôt que comme des règles. La seule référence fiable est l’exigence écrite de l’institution qui recevra votre document.

Comment savoir de quel type de traduction vous avez besoin

La démarche la plus importante consiste à vérifier directement et à l’avance les exigences. Pour ce faire :

Lorsque vous fournissez ces détails à votre prestataire de traduction, celui-ci peut vous proposer le service le mieux adapté à vos besoins et réduire le risque de rejet.

Idées reçues courantes

Foire aux questions

Une traduction certifiée est-elle la même chose qu’une traduction assermentée ?

Non. Une traduction certifiée est accompagnée d’une déclaration de conformité signée par le traducteur ou l’agence et est courante dans les pays ne disposant pas d’un système officiel de traducteurs assermentés. Une traduction assermentée est réalisée par un traducteur désigné par un tribunal ou une autorité publique, dont le cachet confère au document une validité juridique. Le type de traduction dont vous avez besoin dépend du pays et de l’institution.

Un notaire vérifie-t-il si ma traduction est exacte ?

En général, non. Dans la plupart des systèmes juridiques, un notaire atteste de l’identité du traducteur et de l’authenticité de sa signature, ou certifie qu’une copie est conforme à l’original. Le notaire n’évalue généralement pas l’exactitude de la traduction elle-même.

De quel type de traduction ai-je besoin pour mon document ?

Cela dépend entièrement du pays dans lequel le document sera utilisé et de l’institution spécifique qui le demande. L’approche la plus sûre consiste à demander par écrit à cette institution quelles sont ses exigences exactes avant de commander la traduction.

Ai-je également besoin d’une apostille ?

C’est possible. Une apostille certifie l’origine d’un document officiel destiné à être utilisé dans un autre pays signataire de la Convention de La Haye sur l’apostille. Son application dépend des pays concernés et du type de document. Vérifiez-le auprès de l’autorité destinataire.

Une traduction assermentée dans un pays est-elle valable dans un autre ?

Pas automatiquement. Le statut d’assermentation est accordé au sein d’une juridiction particulière. Une traduction assermentée dans un pays peut nécessiter des démarches supplémentaires, telles qu’une légalisation ou une apostille, pour être reconnue ailleurs. Vérifiez toujours auprès de l’institution de destination.

Avertissement : Cet article est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Les exigences relatives aux traductions certifiées, assermentées et notariées varient selon les pays et l’institution qui demande le document, et les règles peuvent évoluer au fil du temps. Vérifiez toujours les exigences spécifiques auprès de l’autorité compétente ou d’un professionnel qualifié avant de soumettre des documents officiels.

Sources : HCCH — Section Apostille (Conférence de La Haye de droit international privé) · Portail européen e-Justice — Trouver un traducteur ou un interprète juridique

Articles associés

Blog